Romain : « Avec Ma Rue Solidaire, je veux permettre à tous les habitants du coin de faire un don utile pour les sans-abris »

1 mars 2017

Répondre à la solitude des sans-abris par la solidarité des riverains et transformer la rue en espace d’entraide : tel est le projet porté par Romain, qui a lancé avec Ma rue solidaire la première plateforme d’entraide

Ma Rue Solidaire

J’ai créé Ma Rue Solidaire avec des amis pour aider les SDF à s’en sortir, à construire des projets. On permet aux habitants du coin de réaliser un don utile en se cotisant pour financer des projets restructurants, pour restaurer le lien social entre les sans-abri et les riverains.

Les SDF, je pensais, bougent, mais en fait ils ne bougent pas. Ils sont sans domicile fixe, mais en réalité ils sont fixe. Alors comment ça se fait que leur situation n’évolue pas à travers le temps, alors qu’on les croise chaque jour ? Ma solution : demander aux habitants du quartier de cotiser pour créer un projet restructurant pour le SDF, afin de recréer du lien social entre les riverains et les SDF. Je connais bien le système des cagnottes, j’en ai organisé un certain nombre lorsque j’étais bénévole à la Conférence Saint-Vincent de Paul.

Nous à Ma Rue Solidaire, on met en place le projet, on récolte l’argent, puis on travaille avec des assos partenaires qui s’occupent de suivre le projet de plus près. Notre rôle, c’est surtout de mobiliser des communautés de riverains, pour que les projets soient possibles.

Romain a fondé Ma Rue Solidaire pour les sans-abri.

Des projects restructurants originaux

Notre premier projet restructurant a récolté 1,200 euros en une semaine. Nous avons organisé une semaine de randonnée avec sept SDF et deux accompagnateurs dans le Lot. L’idée c’était surtout de les sortir de leur quotidien, de leur faire retrouver la vie en communauté, ainsi que de les rééduquer sur les questions d’hygiène.  c’était des matières d’hygiène. Ensuite le suivi, ce qu’on appelle le post-projet, ça a été une aide à la réinsertion.

Notre deuxième projet, c’était en partenariat avec Aurore. Nous avons financé l’emprunt de 4 caméras pour 4 SDF et l’expertise d’un éducateur à l’image, afin qu’ils filment 10 minutes de court métrage sur un thème de leur choix.  On voulait qu’ils puissent enfin s’exprimer comme ils le souhaitaient, et non pas comme on est habitués à les voir s’exprimer, par des entretiens classiques. Ils avaient des rendez-vous avec cet éducateur, et des comptes-rendus à faire, ainsi que des échéances. C’est comme ça que commence une vraie réinsertion, c’est un processus très long. Un des SDF  a interviewé les habitants parisiens sur la façon dont ils perçoivent les sans-abris. Un autre a documenté comment il vivait, comment il se nourrissait, comment il se lavait.

Générations futures… et business model qui s’adapte

J’ai vraiment confiance dans les nouvelles générations. Les jeunes ont vraiment envie de faire. Ils veulent donner un sens à leur vie, ils ont envie de s‘engager dans plein de mouvements. C’est surtout là-dessus qu’on cherche à s’appuyer. La moyenne d’âge pour un premier don aujourd’hui est de 51 ans. Avec Ma Rue Solidaire, on veut développer le don chez les jeunes et faire baisser la moyenne. On est persuadés que les gens veulent donner et s’engager. Ils ne le font pas car ils n’ont pas de solution efficace, utile et transparente.

Imagine qu’à chaque fois qu’un particulier mette un euro dans la cagnotte, une entreprise le mette aussi. Cela nous permettrait de résoudre plein de problèmes à la fois. Le coût de la cagnotte baisserait, et c’est très important, parce que si tu met 10 euros dans une cagnotte de 60 euros tu auras vraiment l’impression de réaliser quelque chose, comparé à une cagnotte de 120 euros. Surtout, ça nous permettrait de ne pas prendre de commission sur les dons des particuliers. Ton euro finirait entièrement dans la cagnotte. Nous prendrions une commission sur l’argent des entreprises, parce qu’il nous faudra quand même investir de l’argent dans la communication, faire des fliers, payer les frais d’internet…

Romain, étudiant à Assas, a fondé Ma Rue Solidaire afin de recréer le lien social entre SDF et riverains.