MakeSense, un hub pour résoudre les défis sociétaux

23 octobre 2017

Il faut errer pour trouver le bon chemin

Sciences Po Paris, relations internationales. Puis master de droit des affaires. Puis deux stages en cabinet d’avocat, et je me suis rendue compte que ce n’était ni le cadre qui me convenait, ni la façon de me faire travailler pour me booster. Je me suis redirigée vers un master en droit international. A Sciences Po, il y a un programme qui s’appelle la Clinique de Droit, et qui permet de travailler pro bono pour un projet toute l’année en tant que consultant. J’ai fait partie du programme, du coup j’avais mes cours, et je travaillais la moitié du temps pour l’ONG Global Initiatives for Economic, Social and Cultural Rights. Nous faisions partie d’un collectif d’ONG qui s’engage contre la privatisation des systèmes d’éducation dans le monde. J’ai rédigé un rapport sur le financement de l’éducation privée par les bailleurs internationaux en Haïti. Puis j’ai effectué un stage à l’OCDE, au département éducation. J’ai été frustrée par la lenteur des processus, je ne voyais pas l’impact concret de mon travail au quotidien.

Avoir un impact, c’est s’engager pour résoudre les défis de la société.

J’étais un peu perdue. Je ne voulais pas travailler en cabinet d’avocats, je ne voulais pas travailler dans une grande institution. Mais je savais que je voulais avoir un impact. Pour moi, avoir un impact, c’est s’engager pour résoudre les défis de la société. J’ai commencé à m’intéresser à l’entreprenariat social, et à me renseigner sur MakeSense. Il se trouve qu’ils cherchaient un Community developer pour l’Europe à ce moment là.

Le SenseCube, un espace où des start up se réunissent pour collaborer et résoudre des défis sociétaux.
Le SenseCube, un espace où des start up se réunissent pour collaborer et résoudre des défis sociétaux.

C’est quoi MakeSense ?

MakeSense est une communauté internationale de volontaires et d’entrepreneurs sociaux qui s’engagent pour trouver des solutions durables aux défis d’aujourd’hui. Un entrepreneur social, c’est quelqu’un qui monte un business pour résoudre un défi environnemental ou sociétal. Son objectif n’est pas de maximiser son profit, mais de maximiser son impact social. Nos entrepreneurs et nos volontaires se mobilisent pour différentes causes : Future of Waste lutte contre le gaspillage, Women Empowerment veut résoudre les défis clés pour l’égalité des sexes, Refugees pour améliorer la situation des réfugiés…

On connecte ces entrepreneurs sociaux avec nos volontaires, qui sont des gens qui veulent s’engager pour des causes qui leur tiennent à coeur. On mobilise l’intelligence collective des volontaires pour aider les entrepreneurs sociaux à résoudre leurs défis.

Le cœur de notre communauté, ce sont nos volontaires. Chez MakeSense, nous essayons de développer leurs propres spécificités, et de faire en sorte qu’ils se créent chez nous un parcours de volontaire qui leur ressemble. Durant nos ateliers, on voit venir des volontaires qui sont au début un peu timides, et puis au bout d’une heure qui t’envoient 10 idées à la minute! Notre méthodologie est faite pour libérer leur créativité. Nos volontaires s’engagent chez MakeSense pour plusieurs raisons : parce qu’ils ont envie d’avoir un impact, parce qu’ils veulent monter en compétence et être formés à nos méthodologies, ou encore parce qu’ils veulent rencontrer des gens qui sont intéressés par les mêmes causes. Ce qui les rassemble, c’est l’envie de s’engager pour trouver des solutions durables aux défis d’aujourd’hui.

Lauren a rejoint MakeSense cet été en tant que Community developer.
Lauren a rejoint MakeSense cet été en tant que Community developer.

L’union fait la force

On est complètement a-politiques. On reste neutres sur tous les sujets politiques et religieux. Finalement, ici, nous donnons aux gens des moyens de changer les choses à leur échelle, d’aider les migrants sans attendre la nouvelle loi d’accueil du gouvernement, par exemple. Notre objectif direct, c’est activer l’engagement citoyen. Mais indirectement, on aimerait inspirer les politiques publiques : les solutions inventées par les entrepreneurs donnent l’exemple et doivent inspirer les politiques publiques. Ce qui diffère chez MakeSense, c’est la manière dont on influence ces politiques publiques : non pas par le vote ou l’engagement politique, mais par l’innovation, l’exemple pragmatique et l’accompagnement des entrepreneurs sociaux.

Je me suis longtemps demandée comment je pouvais avoir un impact positif sur le monde, et c’est chez MakeSense que je vois un impact concret sur mon environnement. Je crois que c’est ça que les gens adorent ici. Ce qui rassemble ces gens, c’est que même si on n’a pas des positions politiques similaires, on peut ensemble changer les choses, via autre chose que la politique.

Notre richesse ce sont vraiment nos volontaires.

Nous avons construit une communauté internationale. One team, one dream ! Nous avons plein de formats d’événements différents, mais chaque évènement organisé est unique. Les dernières semaines par exemple, il y a eu un SenseCamp à Lisbonne (un weekend rythmé d’ateliers, de présentations, de pitch de projets), une soirée à Bruxelles pour clôturer un tour de Belgique d’entrepreneurs sociaux, un SenseDrink à Londres, à Madrid, à Athènes… Et je ne parle que de l’Europe, mais il y a eu des évènements dans le monde entier ! Cet été, au SenseCamp à Berlin, une fille est venu toute seule de Pologne, elle avait vu l’évènement sur Facebook et est venue voir ce que nous faisions. Je trouve ça génial ! Il y a un SenseCamp à Amsterdam en Novembre, si ça vous tente !

Les défis ? Et tes solutions ?

Un challenge de mon travail est que chaque hotspot est différent. Un hotspot, c’est une ville où une communauté MakeSense s’est formée. Chaque hotspot, ainsi que les gens qui le forment, sont différents et à des niveaux de maturité différents. Mon travail, c’est de les accompagner pour que le hotspot soit le plus mature possible. Ce sont les volontaires qui, sur place, animent la communauté, en fonction de ce qui les intéresse. C’est à nous de nous adapter à chacun des volontaires, de comprendre comment et pourquoi ils s’engagent chez nous, en les orientant vers ce qui les motivera le plus.

Je pense que notre richesse ce sont vraiment nos volontaires. Nous on est là pour les soutenir et les former afin qu’ils puissent s’auto-gérer, puisque de toute façon, ce sont eux qui ont les meilleurs idées.

L’un de nos défis : engager les volontaires sur le long terme. Une solution ? Celebrate : si les gens apprennent quelque chose, se sentent utiles, et passent un bon moment en même temps, ils reviennent.

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